En France, chaque année, des milliers d’auto-entrepreneurs découvrent qu’ils ne peuvent pas déduire leurs frais kilométriques de leur chiffre d’affaires. Pourtant, la possibilité de refacturer ces frais à un client existe bel et bien, à condition de présenter des justificatifs précis et d’appliquer la TVA de façon irréprochable.
Un oubli dans la facture, une mention obligatoire manquante, et c’est l’administration fiscale qui peut frapper à la porte. La frontière entre frais réels et barème forfaitaire, fixée par l’administration, reste une source d’erreur fréquente lors de la rédaction des notes de frais.
Frais kilométriques et auto-entrepreneurs : ce qu’il faut savoir avant de facturer
Pour les auto-entrepreneurs, la question des frais kilométriques se pose inévitablement lorsqu’ils interviennent sur site ou se déplacent pour un client. Ici, la règle diffère nettement de celle des sociétés classiques : ces frais de déplacement ne sont jamais déduits du chiffre d’affaires, ni pour l’impôt, ni pour les cotisations sociales. Mais il reste possible de les refacturer, à condition de suivre certaines consignes à la lettre.
Avant toute chose, il faut s’appuyer sur le barème kilométrique applicable, mis à jour chaque année par l’administration. Ce barème varie selon la puissance fiscale du véhicule et le nombre de kilomètres réalisés. Une facture doit toujours préciser la distance parcourue, le type de déplacement, le lien avec la mission, et le montant calculé selon le barème de l’année en cours.
Voici les points à intégrer pour une facture sans faille :
- Indiquer la puissance fiscale du véhicule personnel utilisé
- Justifier le trajet par un élément concret (Google Maps, convocation, contrat…)
- Dédier une ligne spécifique intitulée “Indemnités kilométriques” au montant total
La TVA ne doit pas être négligée. Si vous êtes assujetti, elle s’applique sur toute la facture, y compris sur les frais professionnels refacturés. En franchise de base, la TVA ne sera pas ajoutée, et la mention correspondante doit figurer clairement.
Pensez à distinguer frais facturés en tant que débours (dépenses faites pour le compte du client, hors chiffre d’affaires) et frais accessoires à la prestation. Ce choix influe sur le calcul des cotisations, mais aussi sur la CFE (cotisation foncière des entreprises).
Quelles méthodes pour calculer et présenter les frais de déplacement à vos clients ?
Faire le calcul des frais kilométriques demande une méthode sans faille. Cela commence par le choix du barème fiscal, mis à jour chaque année par l’administration, et qui dépend à la fois de la distance parcourue et de la puissance fiscale du véhicule. Toute approximation peut semer le doute chez le client et compliquer la gestion en cas de contrôle.
Pour chaque déplacement, il est judicieux de :
- Utiliser un outil fiable pour mesurer la distance réelle (Google Maps, par exemple)
- Noter la date, le motif précis du trajet, et le rattachement à la mission
- Joindre ces éléments à la note de frais kilométriques qui servira de base à la facturation
- Ajouter sur une ligne séparée les frais annexes (péages, parking…), sans tout mélanger
Sur la facture, la présentation doit être limpide. On recommande d’indiquer :
- Le type de déplacement (rendez-vous client, livraison, réunion…)
- Le nombre de kilomètres réellement effectués
- Le montant selon le barème
- La référence du barème appliqué (année, source officielle)
En ce qui concerne la TVA auto-entrepreneur, elle ne s’ajoute que si votre régime l’impose. Si vous en êtes exonéré, précisez-le pour une transparence totale. Un expert-comptable peut vous orienter sur la présentation optimale, notamment pour faire la différence entre frais de déplacement professionnel et débours. Cette gestion des frais de déplacement client témoigne de votre sérieux, tout comme la conservation systématique de vos justificatifs.
Conseils pratiques pour optimiser la gestion et la transparence de vos notes de frais
Pour gagner en efficacité, il est conseillé d’automatiser la gestion des notes de frais. Les outils numériques dédiés simplifient l’enregistrement, le suivi et l’archivage des frais de déplacement. Grâce à un logiciel de facturation adapté, justificatifs et calculs sont centralisés, les erreurs humaines deviennent rarissimes, et la distinction entre frais débours et frais refacturés s’effectue sans ambiguïté.
En cas de contrôle fiscal ou de contrôle URSSAF, la meilleure parade reste la traçabilité. Il faut garder chaque note de frais avec ses justificatifs : tickets de péage, factures de carburant, relevés de kilométrage. La numérisation systématique de ces documents accélère l’accès, protège contre la perte et facilite toute démarche auprès de l’administration.
Une organisation rigoureuse dans l’archivage évite bien des complications. Définir à l’avance une méthode, durée de conservation, classement par client ou projet, ordre chronologique, permet d’anticiper. Les solutions cloud offrent une sécurité supplémentaire grâce à la sauvegarde automatique et à la possibilité de partager l’accès au besoin.
Pour renforcer la relation avec vos clients, détaillez systématiquement la méthode de calcul des frais de déplacement clients sur vos factures. Certains professionnels ajoutent un court descriptif en annexe pour expliquer leurs calculs. Ce degré de clarté limite les contestations et installe durablement la confiance, surtout dans des secteurs où la sous-traitance et les missions externes sont monnaie courante.
À chaque facture bien renseignée, c’est un peu de sérénité gagnée. Car dans le ballet entre prestations, trajets et obligations administratives, la transparence reste votre meilleur allié.


